Journal de bord 2 (Asie et Océanie)

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À gauche les hommes, en haut à droite les femmes et en avant plan, des jeunes tout mélangé!

26 décembre, Mangalore

Ce matin nous allons voir le temple de Someshwara, il est situé en bord de mer sur une petite falaise. Tuktuk, qui est là? Ce sont les jeb qui arrivent. Ça pollue un max mais c'est très efficace ces petits triporteurs. Le temple est beaucoup plus modeste que celui de l'autre jour, mais il a un certain cachet. La vue en tous cas est très belle. Après s'être lavé les pieds les gens font la tournée des moines présents, une prière, un peu d'eau sur la tête, parfois beaucoup, en échange de quelques offrandes. Nous allons marcher un peu sur la plage, elle est belle et propre comme le soulignait Tripadvisor. Puis on se dirige vers Ullal beach, la plage la plus réputée. Belle grande plage encore une fois, davantage de détritus toutefois. Des pêcheurs ramènent leurs filets sur la grève, ce n'est pas la pêche miraculeuse loin de là, de tout petits poissons et il n'y en a pas tant que ça. Même si l'eau est chaude on ne se baigne pas, la proximité de la ville et surtout des raffineries juste à côté nous coupent l'envie. Nonobstant, des indiens sont à l'eau, est-ce qu'ils se baignent? Oui, mais à leur façon; ils s'étendent sur le sable où les vagues meurent, pataugent dans 20 centimètres d'eau, s’ébrouent, ont du plaisir, mais ne nagent pas. Les hommes sont séparés des femmes, la ségrégation n'est pas subtile. D'ailleurs, dans les autobus il y a des bancs clairement identifiés pour les femmes. Je crois que c'est pour les mettre à l'abri des mains trop baladeuses*. Et nous rentrons tranquillement à la maison, nous arrêtant de nouveau à l'excellent restaurant de l'autre jour. Toujours aussi bon, toujours aussi épicé. Après cette traversée de Mangalore vous dire que c'est joli serait mentir, pour nous du moins, cependant nous lui reconnaîtrons sans difficulté son authenticité. Peut-être faudrait-il y demeurer davantage pour en découvrir les charmes, ne plus voir tous ces déchets, nous prendrons plutôt l'autobus sans regret demain soir, après avoir vu un dernier temple, celui de Kadri. 

* Malheureusement, encore aujourd'hui nous avons eu une triste démonstration de cette ségrégation et de la place des femmes dans la société indienne: Une autre attaque à l'acide contre neuf femmes dont des mineures.

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Un beau réveillon!

25 décembre, Mangalore

C'est Noël, on a eu l'occasion de faire pas mal tout nos vœux et de nous mettre à jour, l'Internet fonctionne tout de même raisonnablement bien ici. Nous enchaînons avec la réservation d'habitations pour les Philippines. Ce faisant, lorsqu'un hôtel nous demande nos coordonnées pour le vol sur Palawan, on s'aperçoit qu'on a pas acheté le bon vol; nous ne serons pas encore arrivé à Manille au moment de son départ, shit. Nous rachetons deux allés simples, c'est moins cher que les frais de changement. Rien de grave, mais on dirait que la machine n'est pas bien huilée ces temps-ci. En regardant les nouvelles nous apprenons qu'un typhon arrive aux Philippines même si ce n'est pas la saison! Il devrait se rendre jusqu’à Manille. Bon, nous n'y allons que dans trois semaines mais c'est le genre d'événement qui plombe l'ambiance. Toute cette eau fera de belles mares à moustiques et bonjour dengue, malaria et autres Zika, Alléluia. Allez, restons positifs, nous avons les médicaments contre la malaria, un filet et du chasse moustiques, en étant prudent les chances de contracter ces merdes s’apparentent à celles d'avoir un accident en traversant la rue. J’espère qu'on ne parle pas des rues en Inde! 

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Le temple Shree Gokarnanatheshwana

24 décembre, Mangalore

Quel sympathique hôtel qui décide de vous réveiller pour vous inviter à déjeuner, ils n'avaient pas tenu compte de l'heure tardive de notre couché! Anne a été victime de fraude bancaire et nous avons passer une partie de la soirée à élucider et tenter de rétablir mot de passe et autres identitées virtuelles. Ce matin tout n'est pas au point, sa carte de crédit est définitivement hors d'usage, elle pourra s'en procurer une autre si nous nous posons plus de deux semaines au même endroit, ça n'arrive pas souvent par les temps qui courent! Une bonne nouvelle, finalement on nous a trouvé une chambre pour lundi. En fin d'avant-midi nous avons visité le temple Shree Gokarnanatheshwana, décidément je ne me fais pas aux noms d'ici, j'ai de la difficulté à les intégrer, pas de connexion possible avec d'autres zones de mon cerveau. Bien coté sur Tripadvisor,  l'ensemble ne nous a pas tellement impressionné, ce n'est d'ailleurs pas le but de la chose j'en conviens, néanmoins, on s'attendait à davantage d'émotion. On verra demain, nous irons voir le … première attraction à Mangalore. Puis nous avons pris un tuktuk pour nous rendre au Diesel café également bien coté. C'était fermé, comment dire, mauvais karma! Pas tant que ça, nous sommes allé juste à coté et c'était excellent. Mangalore est une toute petite ville, moins d'un million d'habitants et pourtant la circulation peut y être infernale; dans un concert de klaxons, du contemporain, se coupent et s'entrecoupent camions, voitures, moto et tuktuk, pas de trottoir pour les piétons, c'est au plus fort la poche, étonnant qu'il n'y ait pas plus d'accrochages dans cet anarchique tourbillon. Autre paradoxe, les gens, sauf les indigents, sont en général très propre, les vêtements, les maisons, on se déchaussent avant d'entrée et pourtant on balance à tous vents plastiques et papiers, ce qui donne à la ville une allure négligée pour dire le moins. À cette apparence débraillée s'ajoute des constructions inachevées, des bâtiments qu'on soupçonne abandonnés et d'autres dont on est certain qu'ils manquent d'entretien. Ce n'est pas pour rouspéter, je sais que nous sommes en Inde, il ne s'agit que d'une description des environs. Entendons-nous bien, je n’évacue en rien le drame humain, on le voit bien aussi celui-là, plusieurs mendiants et autres intouchables sont simplement là, abandonnés sur le bas côté du chemin. 

Sur le chemin du retour à l'hôtel on fait quelques provisions pour le réveillon; du jus, des chips, des rochers Ferrero et du papier de toilette, car ici on installe plutôt un seau avec une petite tasse et … Une fois à l'hôtel, panne d'électricité, nous n'en n'avons pas, le chantier de construction adjacent si, les jeb vous souhaitent à tous un joyeux Noël.

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Les cocotiers de Ganesh

23 décembre, Mangalore

Anne est mieux, après le petit déjeuner; « crêpes » de riz et un « gravy » de noix de coco, nous visitons la propriété qu'elle n'avait pas encore vue. J'aimerais souligner ici que nous venons de toucher à l'essence même du voyage, la rencontre de l’autre (cette idée figure en intro du site web et de la page Facebook) et c'est pourtant la première fois en près de six mois de voyage. Nous avons bien aimé Guillaume à Barcelone, mais il était de Bordeaux, puis il y a eu Diogo et Antonio à Tarafal au Cape Vert qui étaient des plus sympathiques, mais c'étaient des portugais de passage, donc échanger avec Ganesh qui nous a entretenu des us et coutumes indiennes, qui nous a introduit à sa famille, dont la femme nous a servit cette nourriture traditionnelle végétarienne, que nous avons mangé avec notre main le second soir, peut-être parce qu'elle n'a simplement pas pensé à mettre une cuillère. Bref, une rencontre formidable, une expérience riche et unique pour les jeb. Enfin, afin de ménager ses forces Anne suggère que nous prenions un taxi pour Mangalore, c'est plus cher que l'autobus certes, mais nettement plus confortable, bonne idée. Sur la route nous observons que la seconde religion après l'hindouisme est celle du klaxon! L'hôtel est très confortable et en après-midi nous décidons d'aller acheter les billets de train pour Alleppey et les back waters, prochaine étape dans quatre jours. Après avoir complété le formulaire nous faisons la file pour l'achat des billets. Il n'y a plus aucun train de disponible, bon, nous prendrons l'autobus. On se rend dans une agence de voyage, il n'y a plus d'autobus non plus. Nous n'avons pas le choix, on doit modifier les réservations hôtelières, on en supprime une à Alleppey et on en prendra une de plus ici. L'hôtel est complet le 26, « great » et quoi encore, ah oui, y'a pu d'argent en Inde, on savait que les indiens n'en n’avaient jamais eu beaucoup, mais là, y'en a plus du tout, retrait maximal au guichet, 2000 roupies soit 40 $! Ah, les aléas du voyage! Pas de resto à l’hôtel, mais un service aux chambres à partir du restaurant voisin, pas beaucoup de touristes étrangers par ici, tous les plats arrachent la gueule. Web diagnostic, les vertiges de Anne seraient probablement dus à des problèmes de pression artérielle, pour le moment ça va bien, nous consulterons au besoin.

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Le père de Ganesh récolte de l'eau de puits!

22 décembre, PaduBelle

Les arrivées de nuit sont toujours un peu spéciales, que découvrirons nous au petit matin? D'abord il y a eu cet épisode où nous dormions encore, nos hôtes sont très matinaux, il n'était pas 4 heures. Je croyais que le gamin jouait avec des casseroles, mais non, ils ont ce rituel, sur fond d'incantations ils jouent du tambourin. J'y verrai plus clair demain, Ganesh me dit que je peux les regarder et même prendre une photo si je le désire. C’est vraiment quelque chose d'être accueilli chez l'habitant ici. Anne garde le lit, une très mauvaise nuit pour elle nonobstant le confort de notre chambre, elle a des vertiges lorsqu'elle se lève, c'est assez embêtant. Allongée ça va me dit-elle, j'espère qu'elle n'a rien choppé de trop exotique, une histoire à suivre. Je discute avec Ganesh, il me parle de la ferme;  quatre vaches pour le lait, trois champs de riz, deux puits et une cocoteraie, il m'entretient de coutumes et d'un temple que nous pourrons visiter. J'enchaine avec nos histoires de voyage, il me relance avec les siennes. Un hôte affable et avenant, c'est très agréable. On élabore déjà un plan de sortie, nous prendrons l'autobus plutôt que le train, c'est plus flexible et ça nous évitera de voyager en fin de journée. Le temps est splendide, tout est très calme, on perçoit à peine un coq au loin. Des paons sauvages se promènent derrière une pile de paille de riz en forme de hutte. On la conserve pour la saison des pluies, à ce moment les pâturages seront inondés et elles n'auront plus accès au fourrage. Soudainement, le chien s'emballe et jappe à qui mieux mieux, la femme de Ganesh vient vérifier, ça va, pas de serpent. On me dit qu'hier il y en a un qui s'est introduit dans la maison, on les fait fuir avec un bâton, la plupart ne sont pas vénéneux, certains le sont! Évidemment, on ne les tue pas ici. J'observe le puits à ciel ouvert, il est très beau, un bel ouvrage de pierre, mais je ne suis pas certain que j'ai bien fait d'en boire l'eau hier, on verra bien. Le père de Ganesh prépare un « chutney médicinal » à l'aide d'une plante qu'il a cueillis et dont j'ignore le nom. Ce serait bon pour les yeux et l'esprit me dit-on. Lorsque Anne émerge de nouveau nous convenons qu'elle continuera à se reposer un peu et que j'irai avec Ganesh à cette célébration … bon, j'ai pas tout compris mais c'est toujours lourd de sens et de signification, c'est aussi riche en musique et en couleur. Après le repas, nous nous rendons donc à PaduBelle dans un temple vieux de 800 ans, la soirée se déroulera en trois temps; d'abord musique traditionnelle indienne, j'adore mais nous devons quitter pour aller voir le défilé, il y a des moines un peu partout, les plus importants sont même précédé d'un policier qui leur ouvre la voie. On voit des vaches dans les rues, rien de plus normal ici, mais à un certain moment l'une d'entre elles prend peur, peut-être surprise par des pétards qui éclatent ça et là et elle se met à courir à travers la foule, pendant un instant je me suis demandé si nous n'étions pas en Espagne! Puis après un petit feu d'artifices nous retournons au temple où les musiciens sont maintenant installés à l’avant scène et accompagnent une troupe de danseurs. Tout est gratuit mais ne nous leurrons pas, nous avons affaire à des professionnels, ça se voit et ça s'entend. Quelle belle soirée, merci Ganesh. De retour à la maison Anne prend du gallon, nous pourrons faire la route vers Mangalore demain.

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Le père de Ganesh lors de son rituel matinal
Oeuvre éphémère qui sera "sacrifiée" au passage du défilé
Le défilé sur le point de s'ébranler
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Les parents de Ganesh, notre hôte.

21 décembre, PaduBelle

Trouver Jay pour régler le gîte, faire un premier voyage en ville afin d'utiliser la machine pour les cartes bancaires, puis un second un peu plus tard parce que c'était fermé, on commence à être habitué, c'est son style et ça va très bien avec les pannes de courant et le WiFi inexistant! N'empêche, quelle belle semaine. Et c'est l'au revoir au staff, pas de larmes de crocodiles, mais on a drôlement apprécié le service. Un taxi jusqu'à la gare de Canacona et ma foi, elle est très bien, on s'y sent très à l'aise, ce qui tombe bien puisque le train aura deux heures de retard! Une fois à l'intérieur du train c'est plutôt ordinaire, on a pu s'asseoir de justesse, mais ces grillages aux fenêtre donne un peu l'impression d'être en cage, on dirait des fourgons pour les camps de concentration. L’ambiance est so so, mais on fera avec, 60 cents par passager pour 300 km, les jeb n'ont jamais voyagés à si peu de frais. D'abord le bord de mer, puis la mangrove et suivent les rizières, il y en a une pis une autre! Les tunnels sentent l’humidité, la vieille cave. Un peu plus loin une odeur nauséabonde, une mine de souffre à ciel ouvert, un dépotoir, on ne sait trop mais c'est la première fois depuis notre arrivée en Inde que notre organe nasal est incommodé, ça ne durera heureusement qu'un instant. Une heure avant Udupi, une personne passe à travers l'allée, Anne me confirmera que c'était un garçon habillé en fille, il donc, claque des mains et réclame des roupies, j'ai utilisé mon arme ultime; joué au con, j'y suis très bon, très naturel et feint de ne pas comprendre afin de conserver mes sous. Une fois à Udupi Ganesh nous attend, c'est sécurisant d'une part et pratique de l'autre, PaduBelle est à 15 km et nous n'aurions jamais pu indiquer le chemin au rickshaw. Nous soupons seuls, Ganesh et sa famille ont déjà mangé. Il vit avec ses parents, c'est la coutume, il y a aussi sa femme et un petit garçon de cinq ans. Repas léger, riz et cury, végé s'entend, tout est de la ferme exception faite de quelques pommes de terre qu'ils se sont procurées pour nous. 

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Après s'être fait griller, grillades sur la plage

18 décembre, Palolem

And so on, and so on, bouffe, baignade, breuvages et ainsi de suite. Ah oui, je suis retourné chercher le livre, on a finalement trouvé un terrain d'entente. Et aujourd'hui il y avait quelques vagues plus significatives, j'ai pu faire un peu de body surf.

19 décembre, Palolem

Jour de la libération, c'était il y a 56 ans, les russes et le Sri Lanka venaient libérer Goa des Portugais qui étaient ici bien après l'indépendance de l'Inde des mains des anglais. Trouver le bon train et acheter les billets pour Udupi est un long et laborieux processus, mais Ganesh notre hôte là-bas nous attend. Anne a attrapé un rhume, a cold? Here, you are kidding me! On va tout de même suivre ça de près.

20 décembre, Palolem

Le levé du soleil est aussi beau que le couché, c'est juste de l'autre côté de la plage! Il fait toujours aussi beau quoique c'est un peu frais, étrange sensation. Je me promène le long de la plage, quelques joggers et des « yogistes » en herbe méditent ça et là face à la mer. Je prend mon traditionnel « set breakfast », principalement pour le sauté de pomme de terre et de légumes qui l'accompagne, on me livre mon India Times et j'observe la mer qui à "sept" heure matinale est très calme, on dirait presque un lac. Anne est toujours en petite vitesse, un peu de fièvre. J'en profiterai pour faire un petit diaporama de l'Afrique du Sud et j'amorcerai la 4e infolettre. En après-midi Anne réapparaît et après une petite baignade nous « bookerons» une partie des Phillippines. On règle la note, pour cette semaine de boustifaille; six jours de resto, matin, midi, et soir dont trois gros filets mignons de bœuf, puis des pina colada, en veux-tu en v'la, on s'en sort pour moins de 250 $, voilà qui est dans nos cordes. Avec le gîte qui est autour de 125 $, ça nous fait une semaine dès plus raisonnables, c'est très bien, il nous en faut après la Namibie.

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Créé par Anne et Guillaume