Journal de bord 2 (Asie et Océanie)

1481488861

Journal de bord

Pour ceux et celles qui sont intéressés à suivre de plus près nos pérégrinations il y a notre journal de bord. Un pas-à-pas informel, un court paragraphe pouvant résumer une, deux ou trois journées. Il n'y a aucune ambition littéraire, ni même l'envie de faire des vers, à la limite quelques rimes ou calembours, mais sachez qu'entre deux mots, peu s'en faut, je choisirai toujours le moindre.

Vous retrouverez aussi des petits diaporamas sous l'onglet albums photos.

1490278061
Des jardins de style japonais parce que nous sommes au Japon!

24 mars, Tokyo

On se réveille tôt, l'habitude est créé on dirait. On profite du wifi et on publie la Nouvelle-Zélande sur Facebook. Puis on va petit déjeuner, on prend des sandwichs, celui de Anne est aux fraises et le mien au poisson. Les gens nous parlent mais notre japonais est plus que approximatif, ils sont très avenants malgré la barrière langagière. Une promenade dans le quartier pour digérer, le printemps est à peine arrivé, certes il y a quelques forsythia et autres magnolia qui sont en fleurs, mais nous nous interrogeons sur les cerisiers. Enfin, comme nous sommes là pour un peu plus de deux semaines, ça devrait débourrer. Ah mon Dieu! En rentrant on s’aperçoit que le premier voisin de l'hôtel est un restaurant Français, nous aurons toujours le temps pour les sushis! Je viens d'écrire à notre amie  Lise Gobeille qui est déjà au Japon depuis une semaine, nous serons voisins à partir de demain dans le quartier Ueno. Anne parvient finalement à activer notre propre wifi, c't'une geek! Nous sommes de nouveau confronté à la barrière langagière pour le repas du midi et, chanceux, notre pizza surprise était au prosciutto. Entendons-nous bien, pas d'anglais et pas de photo du tout! Après d'autres activités de planification et de réservation nous savons maintenant que nous serons à Notting Hill pour les quatre derniers jours du périple, même si nous ne parvenons toujours pas à statuer sur les îles grecques. Inévitablement, nous terminons cette première journée au restaurant Français d'à coté, quelle belle expérience. Comme première entrée, un pâté de foie de volaille accompagné d'une salade César. En second lieu, des pâtes Carbonara parfaites et comme plat de résistance, un filet de bœuf servi sur un écrasé de pommes de terre, mais le filet lui-même est caché par un foie gras poêlé! Une excellente sauce liait se Rossini réinventé et les truffes ne nous ont point manquées. Pour dessert une crème brûlée aux pistaches couronnait cette soirée. C'est un montréalais établit ici depuis une vingtaine d’années qui nous a dépatouillé avec le menu en faisant la traduction, le trait d'union, entre nous et le chef nippon qui maîtrisait admirablement bien la cuisine, mais pas la langue française. Nous n'étions pas les seuls à manger ainsi, à la table d'à côté trois personnes ont également pris tous ces plats y ajoutant même le homard et le carré d'agneau. Et alors que nous nous contentions d'une seule bouteille d'un bon Castillon, ils en étaient à leur 4e lorsque nous quittions, la 5e qui ne perdait rien pour attendre était déjà posée sur la table! Je sais, la jalousie est un vilain défaut.

P.S. La facture du festin ne nous aidera pas à nous refaire bien qu'elle fut des plus honnête.

1490278054
La fameuse escarcelle.

23 mars, Tokyo

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ». Au moment où les jeb se pensent presque bons, ils commettent une erreur de débutants, heureusement sans conséquence; on s'est retrouvé à l'aéroport international car nous allons à Tokyo, mais avec l'escale à Brisbane, c'est par le domestique qu'il fallait en passer. En grattant notre petit change, il ne manque que 5 $ sur les 25 requis pour payer le chauffeur de taxi qui fut fort compréhensif! Du coup on est trop tôt et nous nous adonnons à un de nos passe-temps favoris, attendre dans les aéroports. Aux nouvelles, nouvel attentat à Londres, notre dernière étape. Est-ce que mon journal de bord finira comme il a commencé en juillet dernier; chacune des journées étant ponctuée d'un attentat. On se rappelle Nice, Berlin, sans parler de l'Irak, 80 morts et ainsi de suite, espérons que non. Bon, Jetstar remet ça à l'interphone, la politique des 7 kg ne s'applique pas seulement à notre gros pack sac à moitié vide, mais plutôt au poids combiné avec l'autre petit sac qui est bien plein, enfin, nous verrons bien. À l'embarquement une préposée un peu zélée demande à une dame BCBG devant nous de mettre sa petite valise à roulettes dans le gabarit et ça ne passe pas, on tente d'accélérer le pas, cependant elle nous fait signe de revenir. C’était certain, avec notre look de clodos et nos gros sacs à dos. Toutefois, ce n'est pas pour la surcharge, c'est parce que Anne a aussi une petite sacoche, ce qui lui fait trois bagages au lieu des deux autorisés. Elle ne comprend pas lorsqu'on le lui signifie et j'ai beau lui répéter « donne-moi ta sacoche », « donne-moi ta sacoche », afin de la mettre dans un autre sac, rien n'y fait, elle la tient fermement. Je me rappelle la fois où sa mère Jeanne d'Arc m'avait foudroyé des yeux lorsque les miens s'étaient inopinément posés sur sa précieuse bourse sous la table lors d'un repas de Noël à sa résidence de Rivière des Prairies. Une fois le petit sac rangé on peut embarquer. Bref, faudra peut-être s'astreindre à prendre un bagage en soute à l'avenir, mais bien que nous ayons l'habitude de ne pas le faire pour des raisons monétaires, il ne faudrait pas oublier l'autre avantage, ne pas avoir à récupérer ses bagages, ou même pire, les perdre comme ça nous était arrivé à Puerto Rico. On décolle de Brisbane à 10 h 30, 9 heures de vol devant nous. Pendant un moment j'ai cru que nous pourrions utiliser les trois rangées de bancs vacants à côté de nous pour dormir, mais à la dernière minute une famille est arrivée, tous sourds et muets; grands-parents, jeune couple avec bébé et deux ados. Il n'y a que le nourrisson, qui était des plus mignon, qui a émit quelques sons lors de la décompression. Une famille Bélier genre, comme dans le film, pleine d'amour, c'était évident et touchant. Après les dommages collatéraux de notre halte à Sydney, nous avons défoncé notre budget, nous nous dirigeons tels des bonzes ayant fait vœux de pauvreté, sans boire ni manger, vers le pays du soleil levant au moment où il se couche. On ne s'offre pas le cinéma non plus, nous préparons plutôt un post pour Facebook que nous publierons dès que nous aurons vous savez quoi. Donc, aussitôt débarqué on se rend au distributeur de cartes SIM, une distributrice, je veux dire une machine, nous sommes au Japon, nous ne parviendrons malheureusement pas à l'activer. On se console de ce manque de bol avec un de riz et des morceaux de bœuf. Et pour moi, un œuf cru dessus, mauvaise idée, le gluant altère le riz collant et sa préhension avec les baguettes est des plus laborieuse, il est maintenant coulant. Bonne nouvelle cependant, le prix de l'aliment semble normal. Et on se rend au Shuttle pour rejoindre l'hôtel, dommage, le dernier vient de quitter, nous devrons prendre le train. Avec l'aide de bons samaritains nous parviendrons à figurer la chose, les gens nous aident et lors d'un changement de rame on évite le drame en demeurant sur le bon chemin, de fer. Rien de surprenant, mais tous, jeunes et vieux, sont au cellulaire. À 10 h 15 nous devrions terminer par une petite marche pour atteindre l'hôtel, marcher la nuit ici ne semble nullement inquiétant, nous avons un fort sentiment de sécurité. Et en fin de compte, nous n'aurons qu'à traverser la rue. Hôtel budget, on s'attendait au pire, mais non, c'est un des plus luxueux que nous ayons eu depuis le départ; grande chambre, grosse télé avec des gros lutteurs sumo dedans, salle de bain avec douche et bain tourbillon, divan et siège de toilette chauffant! Mon oreiller est comme un mini-wheat, avec un côté nature et un côté givré, c’est-à-dire un côté comme chez nous et l'autre est fait avec ce que j'imagine être des graines de sarrasin. Bonne nuit! Ah oui, il y a aussi un réseau wifi décent.

1490278047
L'opéra de Sydney.

22 mars, Sydney

4h45, Paris ne s'éveille pas encore (Dutronc) et moi aussi j'ai de la difficulté à émerger. Toutefois, nous sommes devenus des professionnels et à 4h55 nous avons  « cheké out » et nous attendons le yellow bus. La sortie de la Nouvelle-Zélande  est aussi facile que l'entrée; tout est automatisé. Je suis fier de mes bagages, l'un fait 6,5 kg et l'autre 7,5. Je n'aurais eu qu'à transférer un article si nous avions croisé un agent de bord trop tatillon. On débarque à l'Ibis qui est barré de notre liste en principe, mais parfois on n’a pas le choix, sauf que là il est aussi barré point, parce que fermé entre 10 h et 12 h! On savait que le chek in était à 12h, nous ne voulions que laisser nos bagages en consigne le temps de faire un tour en ville. Finalement, on nous ouvre et le plan fonctionne, après avoir pris le train, hyper confortable, on se retrouve à Circular Quay où nous embarquons sur un Ferry vers Manly, petit port de plaisance. Ce tour de bateau permet d'observer le cœur de Sydney; l'Opéra et le Harbor Bridge notamment. On s'offre une petite bouffe; aubergine parmigianna pour Anne et burger de kangourou pour moi, le tout accompagné par un merlot australien. Un peu dur sur le budget, mais après trois semaines de sandwichs et de pâtes c'est bien apprécié. Il nous reste un peu de temps et très peu d'énergie, nous prendrons donc le tchoutchou pour la visite du Royal Botanic Garden. Évidemment, même en débarquant et en remontant dans le train, ce n’est pas la meilleure façon de visiter un jardin. Fatigués, voire crevés, il fait chaud et on n'est plus habitués, donc comme on ne peut en profiter on retourne à l'Ibis, heureusement, juste avant l'orage. Demain, départ pour le Japon, toujours aux aurores; on met le réveil pour 4 h!

1490278038
Dernière ligne du panneau, à l'aéroport d'Auckland, l'hôtel Ibis suggère à ses clients de marcher 20 minutes avec leurs valises!

21 mars, Auckland


C’est l'équinoxe, c'est l'automne qui commence ici. Hier, au jardin botanique nous avons vu les couleurs sur quelques érables. Dans 48 heures ce sera le printemps et les cerisiers fleuriront au Japon! Une bonne nuit, un bon lit à l'hôtel Kiwi. Et c'est super, on récidive ce soir, c'est la première fois en trois semaines que nous dormirons deux nuits de suite au même endroit. C’est bien apprécié, on a fait pas mal de route dernièrement et c'était dans l'esprit en Australie. J'ai même l'intérieur des doigts un peu bleu. Anne soupçonne des petites veines éclatées, je crois que je tenais mon volant un peu serré sur Summit road, je ne voulais pas manquer de virages et dévaler la vallée! Une belle journée pour ce qu'on a faire; lavage, recherche Internet et achat de billets d'avion entre les Îles grecques et, de la Crête à Londres, il fait gris et il pleuviote. On sort le temps de manger, un quartier résidentiel aux limites de la campagne, un quartier Maori, pauvre en tout cas. L'épicerie n'est guère plus garnie que celles du Cap Vert! Nous nous coucherons tôt, car nous nous lèverons tôt, on prend le yellow bus de 5 heures.

1490164723
Près de Christchurch, des "maisons", ou petites cabines pour les vacances dans des silos. Le projet a remporté des prix de design.

20 mars, Auckland

L'avantage des campings officiels, c'est la douche! On quitte Akaroa par Summit road, une route touristique au nom évocateur, sur une quinzaine de km nous zigzaguons sur les crêtes rocheuses, tantôt c'est Anne qui est sur le bord de la falaise, tantôt c'est moi et pour un moment la route se trouve complètement sur le sommet et nous avons la vue de chaque côté, superbe vue en plongée au cœur de la vallée, jusqu'au village et nous avons même l'ouverture sur la mer, spectaculaire! On rentre tranquillement sur Christchurch, on doit rendre le camping car vers 16 h et notre vol pour Auckland est à 19 h. Sandwichs aux œufs pour notre dernier  pique nique, à la même halte routière qu'hier. On étirera le temps, le temps de refaire les bagages, les fameuses limites de poids. Une fois sur Christchurch nous avons une petite heure à tuer, le temps de faire un jogging au jardin botanique. Encore une fois des beaux arbres, le jardin date de 1920. Nous n'en verrons évidemment qu'une partie, mais sa roseraie est très belle, nous en apprécierons quelques parfums. Une imposante serre de verre révèle une exposition de plantes à fleurs ainsi que les traditionnelles sections de plantes tropicales et arides. Et on remet le camping car, on prend notre vol  à 19 h et nous voilà à Auckland vers 20 h 20. Petit aparté ici pour mes filles que se remémoreront la comptine de Pierre. Enfin, il nous faudra un moment pour figurer où se trouve le shuttle, le yellow bus, mais nous finirons par aboutir au Kiwi Hôtel.

1490164716
Camper dans l'île du sud, c'est super!

19 mars, Akaroa, près de Christchurch


Paf! Le soleil se lève directement devant nous depuis la fenêtre arrière du véhicule, nous sommes éblouis, cependant on ne se plaindra pas et nous profiterons plutôt des doux rayons. Pas mal du tout cet endroit au milieu de nulle part dans la steppe néozélandaise, nous sommes seuls au monde. En déjeunant sur l'herbe dans cette immensité, inhabitée, on réalise que dans quelques jours nous serons au pays du soleil levant, un pays surpeuplé où on engage des gens pour pousser les voyageurs dans les wagons du métro afin que les portes se ferment! Les îles se suivent mais ne se ressemblent pas. Direction Akaroa, au sud-est de Christchurch, nous serons donc à proximité de l'avion pour Auckland demain soir. Toujours les montagnes, toujours magnifique. Certaines n'ont pas de végétation du tout, d'immenses tas de pierre concassée. Nous sillonnons une région de ski et si on se fie à la température de la nuit dernière, ça ne sera pas très long avant le début de la saison! C'est bon, j'ai eu mon mouton. Certes, photographier un mouton en Nouvelle-Zélande ne tient pas de l'exploit, mais il me manquait toujours une brebis dodue. Je les observe m'observer, faudra que je relise les albums du Génie des alpages. On lâche la 73 pour la 72, la « old west coast road », derrière nous les montagnes, devant la campagne. C'est plat, c'est la plate campagne. Je pense que nous avons fortement été impressionné par le relief des derniers jours. Un peu avant Christchurch, une riche  banlieue, les maisons sont énormes, mais toutes sur un seul étage, comme en Australie. C'est dimanche et les nombreux collectionneurs de vieilles voitures sont sur la route, c'est charmant. Avant d'atteindre la côte, les montagnes surgissent une nouvelle fois, lacets à n'en plus finir, sommets aux panoramas fantastiques et en contre-bas, un village sympathique avec de vieilles maisons pleines de caractère. L’Internet vient de nous lâcher de nouveau, c'est pas le réseau, on a plus de data malgré le fait qu'on ait pris une recharge de trois giga il y a deux jours à peine, c'est n’importe quoi. C'est pour dire que nous n'avons que le GPS de la voiture pour trouver où aller dormir, heureusement, nous nous rappelons que c'est sensé être beau près du « lighthouse ». Nous sommes donc sur « Lighthouse Road ». Ayoye, il s'agit du chemin le plus pentu et le plus étroit que nous avons vu depuis notre départ! Plus, ou pire qu’au Portugal, en Italie, ou même en Inde, nous sommes sur le qui vive, il n'y a aucune rambarde. Pratiquement au sommet, à moins de deux km du phare, la route devient en gravelle et est réservée aux 4 x 4, nous rebroussons chemin presque content, nous n'étions vraiment pas certains de vouloir aller plus loin. En redescendant les freins sentent le caoutchouc brûlé! Un petit camping commercial près du village fera très bien l'affaire, c'est notre dernière nuit en camping car.

1490164709
Un kéa, très pratique au Scrabble!

18 mars, un champ au bord de la rivière dans Arthur pass


On quitte Hokitika par old Christchurch road, une route secondaire très tranquille, très jolie. Un autre raccourci en gravelle pour allonger le temps. Nous avons comme une journée en banque avant de rejoindre Christchurch, nous n'avons pas d'endroit précis où aller, je roule comme une tortue, le temps est suspendu. On croise deux kiwis pimpant le long du chemin, le troisième sert de festin à un faucon. Ah, la belle campagne néozélandaise, je me cherche un mouton dodu, plein de laine pour en faire un close up, je crois que je n'ai que des troupeaux de loin. Il n'y a personne dans cette partie de l'île du Sud, la côte ouest n'est que nature. On rejoint la 73 qui nous mènera vers Christchurch en passant par Arthur pass, une grande vallée où la rivière à tracée la voie au chemin de fer, puis à la route. Les trois dévalent la vallée  en parallèle, de sinus en cosinus. Des lichens rouges recouvrent les pierres produisant un bel effet avec le vert de la végétation. Au belvédère d'Otira un Kéa quémande  de la nourriture. On pique nique à l’aire du même nom d'Arthur pass, Anne nous concocte une soupe bien chaude, il fait carrément froid ici, en altitude. On roule peu, après le dîner, notre seul objectif est de trouver un endroit pour dormir, tiens, un chemin de traverse, nous voilà seuls au cœur de la vallée, les pieds dans l’onde peu profonde en cette saison. Puis nous écoutons le silence!

- 1 - - 2 - - 3 - - 4 - - 5 - - 6 - - 7 - - 8 - - 9 - - 10 - - 11 - - 12 - - 13 -

Créé par Anne et Guillaume